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Parmi les intervenants du colloque : Mathieu QUET
Des chimères bionanotechnologiques, l'humain aux prises avec les imaginaires technoscientifiques.

Mathieu Quet (EHESS) est l’auteur d'une thèse en sciences de l'information et de la communication sur l'émergence du discours participatif dans les sciences et les techniques (Centre Koyré, EHESS,  2009). Il est actuellement post-doctorant sur le projet ANR Chimères, qui traite des controverses autour  des nanotechnologies et des discours sur la transformation de l'humanité (direction : Francis Chateauraynaud, GSPR, EHESS).

 

Abstracts - extrait du livret du colloque :

Le développement des bionanotechnologies donne libre cours, depuis la fin des années 1980 (Drexler, 1986) à des spéculations de toutes sortes sur les conséquences de tels développements techniques pour l'environnement et l'humanité. En particulier, plusieurs groupes trouvent dans la thématique « bionano » matière à réfléchir sur les transformations du corps humain, son hybridation avec des machines mécaniques et/ou biologiques, dans une perspective digne des scénarios de science-fiction (Catellin, 2008). Que la transformation de l'homme soit célébrée (Technoprog, 2010) ou dénoncée (PMO, 2009), il ne semble faire aucun doute pour certains acteurs que les développements technologiques actuels entraînent une modification radicale de l'humanité.
Dès lors, cette communication aborde les chimères imaginées par les zélateurs et les dénonciateurs du progrès technique : athlètes génétiquement modifiés, « souris schwarzenneger », clones d'Einstein, ordinateurs à ADN, technoserfs et hommemachines, etc. La prolifération des figures présentes à travers les corpus étudiés (discours de l'association française transhumaniste, discours de critique des nanotechnologies, discours sur le human enhancement) témoigne d'une forte production d'imaginaires, à la fois poétiques et politiques, autour des sciences.
Dans un second temps, on placera ces discours en parallèle aux propos tenus par certains chercheurs promoteurs de la recherche en nanotechnologies, notamment dans le domaine des neurosciences. Cela conduira à mettre en évidence des homologies entre les imaginaires sociaux et scientifiques des nanotechnologies, en particulier sur la question de l'hybridation de l'homme et de la machine. Et renforcera ainsi la thèse selon laquelle science et fiction marchent parfois d'un même pas.